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Pourquoi n’écrire qu’aux diagnostics réels

On peut estimer l’étiquette d’un logement qui n’a pas de diagnostic : la donnée publique du bâti et la méthode 3CL le permettent. Voici ce qu’une estimation peut dire, ce qu’elle ne peut pas, et pourquoi une lettre d’Altis ne suit qu’un diagnostic publié.

Beaucoup de logements à rénover n’ont aucun diagnostic

Le diagnostic de performance énergétique est obligatoire pour vendre ou louer. Des millions de logements ont donc une étiquette officielle, publiée en données ouvertes par l’ADEME. Mais une grande partie du parc n’a jamais été diagnostiquée : un logement occupé par le même propriétaire depuis vingt ans n’a aucune raison d’avoir un DPE.

Les 3,9 millions de résidences principales classées F ou G que recense l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE, 1ᵉʳ janvier 2025) ne sont pas toutes adossées à un diagnostic récent. D’où une tentation, pour qui vend des travaux : deviner l’étiquette des autres, et leur écrire aussi.

Ce qui rend une estimation possible

Un DPE est avant tout un calcul. La méthode 3CL-DPE, fixée par l’arrêté du 31 mars 2021, part de caractéristiques physiques du logement — surface, période de construction, type de murs et de fenêtres, mode de chauffage — pour en déduire une consommation conventionnelle, donc une étiquette. Si l’on connaît ces caractéristiques, on peut refaire le calcul sans envoyer un diagnostiqueur.

Or une partie de ces caractéristiques est publique. Le référentiel national des bâtiments décrit la géométrie et l’époque de construction ; le cadastre situe la parcelle ; l’adresse est normalisée. Avec cette matière et la méthode officielle, on obtient une étiquette plausible. Plausible — pas établie.

Deux diagnostics du même logement ne donnent pas toujours la même lettre

C’est le point le plus souvent ignoré, et le plus important. Faites diagnostiquer deux fois le même logement, par deux professionnels, et l’étiquette peut changer. La méthode laisse une part d’appréciation au diagnostiqueur sur le type exact d’une paroi, la nature d’une menuiserie, l’hypothèse de ventilation. Cette variabilité existe déjà entre deux vrais DPE, avant même qu’on parle d’estimation.

Une estimation prudente donne donc une fourchette plutôt qu’un point. Et une fourchette, dans une lettre, ça donne « votre logement est probablement mal classé » — une phrase que personne n’a envie de recevoir de la part d’un inconnu.

Ce que la donnée publique ne voit pas

  • Les rénovations récentes non déclarées : une isolation refaite l’an dernier, sans nouveau DPE, reste invisible.
  • L’état réel de l’enveloppe : deux maisons de la même époque peuvent avoir des murs très différents derrière une façade identique.
  • Ce que le propriétaire sait déjà : s’il a fait des travaux, il le sait mieux que le calcul. Une lettre qui se trompe sur sa maison le dit d’emblée.

Le choix d’Altis : une lettre suit un diagnostic, jamais une estimation

Altis a les moyens d’estimer. Il ne s’en sert pas pour écrire. Une lettre part parce qu’un diagnostic vient d’être publié dans votre secteur, ou ne part pas. Trois raisons à cela, et la première n’est pas juridique.

Le propriétaire reconnaît son diagnostic. Il vient de le recevoir, il l’a payé, il en connaît la lettre. Un courrier qui la cite, avec la date du diagnostic et ses caractéristiques, parle de quelque chose de réel. Un courrier qui suppose parle dans le vide.

Le moment est le bon. Un diagnostic n’est pas fait par hasard : il précède une vente, une location, un projet. C’est ce moment-là qui compte, pas l’état du bâti, qui n’a pas changé depuis trente ans.

Vous n’affirmez que ce qui est établi. « Votre logement est classé F » ne peut être écrit que si un diagnostiqueur l’a établi. Le dire sur la foi d’un calcul, c’est engager votre nom sur une supposition.

En une phrase

Estimer sert à comprendre un parc. Écrire à quelqu’un demande un fait : le sien.

01CE QUI EST PUBLIC

Trois sources, aucun nom de personne.

Ce qu’Altis lit pour situer un diagnostic dans votre secteur — et ce qu’un calcul pourrait lire, s’il fallait estimer.

Le diagnostic

Le registre des DPE de l’ADEME

Chaque diagnostic établi par un diagnostiqueur certifié est publié en données ouvertes : étiquette, surface, année, chauffage, consommation, adresse du logement. C’est un document, opposable, que le propriétaire a fait établir.

Le bâtiment

Le référentiel national des bâtiments

Tenu par le CSTB : l’emprise, la période de construction, la mitoyenneté. De quoi situer un diagnostic dans un secteur — et, à la rigueur, de quoi nourrir un calcul. Pas de quoi remplacer une visite.

L’adresse

La Base Adresse Nationale

Elle normalise l’adresse portée par le diagnostic : numéro, voie, code postal, commune. Aucune de ces trois sources ne porte le nom d’une personne.

02DIAGNOSTIC OU ESTIMATION

Deux objets qui n’engagent pas la même chose.

Le premier est un document que le propriétaire a fait établir. Le second est un calcul que vous auriez fait à sa place.

LE DIAGNOSTIC PUBLIÉ

Un document, à une date

  • Établi par un diagnostiqueur certifié, après visite du logement.
  • Opposable : c’est lui qui compte pour la vente ou la location.
  • Publié par l’ADEME avec l’adresse du logement, sans nom.
  • Le propriétaire le connaît : il vient de le recevoir.
L’ESTIMATION

Un calcul, à distance

  • Applique la méthode officielle à des entrées publiques, incomplètes.
  • Donne une fourchette, jamais une lettre certaine.
  • Ignore les travaux récents et l’état réel de l’enveloppe.
  • Arrive à n’importe quel moment — le propriétaire n’a rien demandé.

Méthode 3CL-DPE : arrêté du 31 mars 2021. Registre des diagnostics : données ouvertes de l’ADEME. Altis ne calcule aucune étiquette et n’écrit à aucune adresse sans diagnostic publié.

03CE QUE ÇA CHANGE POUR VOTRE LETTRE

Une lettre qui parle de quelque chose de réel.

Le diagnostic est verrouillé dans l’encart de la lettre ; votre texte, lui, est libre — et n’a rien à affirmer que le diagnostic ne dise déjà.

L’encart

La lettre cite le diagnostic, tel quel

Étiquette, surface, année, chauffage, consommation, tels que l’ADEME les publie. Le propriétaire reconnaît le document qu’il vient de recevoir : c’est ce qui fait qu’on lit la lettre au lieu de la jeter.

Le moment

Un diagnostic vient d’être fait pour une raison

Une vente, une location, un projet de travaux. Le signal n’est pas l’état du bâti — il n’a pas bougé depuis trente ans — c’est le fait qu’un propriétaire vient d’en prendre connaissance.

Votre texte

Rien que le diagnostic ne dise

Votre lettre n’affirme pas une étiquette, elle la cite. Le modèle de départ ne contient ni chiffre ni promesse, et c’est vous qui validez chaque mot.

Une lettre par diagnostic publié. Aucune sur une supposition.

Vous tracez votre secteur, vous écrivez votre lettre ; le registre déclenche, et vous validez. Rien ne part avant que vous ayez acheté un carnet.

Pas d’abonnement · aucun prélèvement tant que vous n’achetez pas de carnet